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Pour les Dieux : nos plus belles offrandes - La Gazette de Bali – Information sur Bali et l’Indonésie
La Gazette de Bali - Dernière éditionSeptembre 2014
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

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Média et culture

par Sandrine Soimaud | Edition de février 2010

Pour les Dieux : nos plus belles offrandes

Pour les Dieux : nos plus belles offrandes - La Gazette de Bali

Bon, maintenant, que les démons sont repus, je vais te décrire nos plus belles offrandes, celles qui sont pour les dieux ! Les dieux, eux ont bon goût : ce qui leur est présenté doit être très harmonieux et joli à regarder et tout ce qui est comestible doit être frais ! Pour leurs offrandes, nous n’utilisons que des bonnes choses et de jolis matériaux dont nous nous servons nous-mêmes dans notre vie courante. On peut par exemple faire une offrande avec un sarong, ou un coupon de tissu, que nous plaçons sur un dulan, cet espèce de plateau rond fixé sur un pied, que les femmes transportent au temple, surmonté d’un petit canang plein de fleurs. Les jeunes feuilles de cocotier que nous avons découpées, pliées et tressées pour servir de décoration ou de réceptacle doivent être bien fraîches. Tant pis si elles noirciront vite, et que notre oeuvre est éphémère, l’offrande fait plaisir aux dieux et y travailler nous rapproche déjà d’eux. Une fois présentée, elle peut bien se faner, ou être mangée, par nous, les humains ! Les dieux eux n’en consomment que l’essence, ou sari. Elle leur est transmise grâce à la fumée du bâtonnet d’encens que nous plaçons dessus. Mais on ne peut utiliser qu’une seule fois chaque offrande, hors de question de leur donner une offrande qui a déjà perdu son sari. Parmi les offrandes les plus spectaculaires, figurent les banten tegeh. En général, elles sont composées pour les grandes cérémonies des temples, mais certaines personnes peuvent dans leur prière faire le voeu d’en offrir une pour remercier les dieux, si un proche guérit ou réussit un examen… Les banten tegeh peuvent mesurer jusqu’à deux ou trois mètres de hauteur ! Elles sont constituées par tout un assemblage de nourriture avec des jaja (nos gâteaux) multicolores, des fruits, des oeufs, qui s’échelonnent autour d’un tronc de bananier, auquel ils sont fixés par des épines de bambou. Si l’offrande est belle, on n’aperçoit plus du tout le tronc ! Les plus hautes banten tegeh sont donc fabriquées dans l’enceinte du temple, tant elles sont lourdes et délicates à transporter, et il est parfois très délicat de franchir avec elles la porte du jeroan du temple, qui est surmontée d’un linteau, avec la tête de Bhoma ! Dans certains endroits, on les ramène chez soi juste après la prière, dans d’autres on les laisse tous sur le bale dans la cour du temple, jusqu’à la fin de la cérémonie. Dans mon village, pour les cérémonies importantes, toutes les femmes en font de très semblables et les portent en procession jusqu’au temple. Elles sont précédées par des petites filles en tenue de brocart, et suivies par la musique des gongs et les cymbales du banjar. C’est très gai !

Les sarad sont d’autres offrandes, très spectaculaires, mais elle ne sont nécessaires que pour les plus grandes cérémonies. J’espère que tu en verras d’autres que celles qui figurent sur le dessin ! Elles sont faites par des spécialistes, en général des femmes de hautes caste, qui les sculptent dans de la pâte de riz multicolore, qui ressemble à de la pâte à modeler. Ensuite ces petites sculptures qu’on appelle jaja, comme les gâteaux, sont frites. Pour ces offrandes, une multitude d’éléments est nécessaire : des animaux, des personnages, des fleurs. Quand tout est prêt, les femmes les assemblent sur un grand cadre de bambou. L’ensemble représente souvent le macrocosmos que tu connais bien, avec le monde souterrain de la tortue aux pieds emmêlés par les Nâga, la Terre des hommes, et tout en haut, bien sûr, le royaume des dieux. C’est très beau, mais malheureusement ça ne se mange pas ! On laisse donc le panneau à l’entrée du temple afin que tout le monde puisse en profiter, au moins jusqu’à la fin des festivités. Comme nous, les dieux et nos ancêtres apprécient la beauté et l’art. Pour les satisfaire, lorsqu’il y a une grande occasion, les plus belles offrandes ne suffiraient pas. Il faut également de la musique, de la danse, du théâtre et des marionnettes. Toutes ces activités sont aussi inséparables de nos fêtes religieuses que la prière !

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