« Câest un beau cadeau pour moi qui suis indonésienne dâorigine, naturalisée française depuis 2000. Je symbolise sans doute la France dâaujourdâhui, métissée, faite de plusieurs cultures. Votre pays mâa donné une belle langue, une belle identité. Moi, jây vais pour faire briller la France », a expliqué la chanteuse après avoir été choisie pour représenter lâHexagone en Azerbaïdjan le 26 mai prochain. Voilà qui fermera sans doute une bonne fois pour toute le débat sur la nationalité dâAnggun C. Sasmi, une polémique bien indo-indonésienne dont nous nous étions amusés dans ces colonnes sous le titre « Le passeport dâAnggun » (cf. La Gazette de Bali n°12 â mai 2006). Le statut de la chanteuse est en effet paradoxal dans son pays dâorigine. Elle y représente la seule réussite artistique à lâétranger, le fameux « go international » qui obsède et impressionne ici, mais au prix de la perte de sa nationalité puisque Jakarta ne reconnaît pas les binationaux. Indonésienne ou Française ?
Mariée à un Français, Anggun a obtenu son passeport français en 2000 en reniant sa nationalité indonésienne dans une sorte de cérémonie solennelle comme on aime ici. Les officiels en charge lui avaient rappelé à cette occasion que le fait dâêtre mariée à un étranger lui ôtait également tout droit à la propriété foncière en Indonésie. Invitée en 2006 dans lâémission Kick Andy, un talk show de la chaîne Metro TV, la chanteuse avait raillé avec subtilité, humour et intelligence tout le ridicule de ce protocole. Câest à cette occasion également quâil avait été dit clairement pour la première fois, six ans après sa naturalisation française donc, quâelle nâétait plus indonésienne, au grand dam de certains ici qui apparemment confondent hit parade et nationalisme. Il est vrai que la presse locale nâavait eu de cesse de sâinterroger sur la citoyenneté dâAnggun depuis ses premiers succès en France en 1997, comme si le fait de ne plus être indonésienne pouvait minimiser ou entacher son succès.
Absente ici pendant plusieurs années, jusquâà son concert de retour en 2006
la Gazette sâétait dâailleurs demandée avec malice si la chanteuse française était munie dâun permis de travail â il faut bien reconnaître quâaujourdâhui, sa présence dans lâarchipel se limite surtout aux segments pub de la télé où elle est assaillie de nombreux problèmes capillaires. Pellicules, cheveux cassants, difficiles à coiffer, lâair du pays ne semble donc pas réussir à sa belle chevelure de jais et on se demande ce quâelle ferait sans un certain
shampoing⦠Une marque de cosmétique qui vient également de parrainer son dernier concert dans la capitale, avec orchestre symphonique et guest stars locales, le 27 novembre dernier, devant 8000 spectateurs. Présentée comme LA star indonésienne, elle semble aujourdâhui bénéficier du plus grand respect de tous alors quâelle nâest plus⦠indonésienne.
Présente et absente à la fois, si lâétiquette « go international » lui assure pour lâéternité son statut de diva dans son pays dâorigine, il faut bien admettre quâAnggun brille quand même par son absence ici et que sans les pubs shampoing, on ne saurait plus très bien quelle tête elle a aujourdâhui. Cette présence télévisuelle quotidienne donne lâimpression à lâIndonésien moyen que la chanteuse est rentrée au pays et donc que tout est rentré dans lâordre. Mais, allumez une radio, vous aurez de la chance si vous entendez une de ses chansons récentes, on y passe pour lâessentiel ses tubes indonésiens de la période pré-go international. De là à entendre un de ses titres en français, il ne faut pas rêver⦠Tout au plus en anglais, et encore. Allumez la télé, et là , câest le no Anggunâs land également (à part les pubs), pas la trace dâun moindre clip, pour lâensemble jugés trop sexy. Le puritanisme musulman de lâIndonésie de la reformasi est passé par là , Anggun est bien trop occidentalisée pour lâarchipel du 21ème siècle ! Dâailleurs, les Indonésiens doivent surfer le Net pour sâinformer sur la vraie carrière dâAnggun. Les photos ci-contre, difficilement publiables en Indonésie, ont été trouvées sur un blog avec ce commentaire : « Quelle honte ! Heureusement quâelle nâest plus indonésienne. »
La chanteuse, qui habite désormais à Paris, est bien consciente de cette relation paradoxale, entre fascination et rejet, et sâen accommode avec esprit. Taquine, jamais vulgaire comme certaines de ses consoeurs de la scène locale, elle ne manque jamais de faire une petite provocâ lâair de rien. En interview ou, par exemple, lors de son dernier show à Jakarta, lorsquâelle est arrivée sur scène dans une tenue époustouflante de Tex Saverio et quâelle la détaillait pour le public : « Eh, parlant de mon costume, lorsque je suis montée à lâinstant, vous lâavez vue ma petite culotte ou pas ? Un petit peu ? Pas de problème, câest bonus. » Avant de saluer les spectateurs français présents dans la salle dans la langue de Molière.
Si la fièvre de ressentiment qui a pesé sur elle pendant ces années où on lâaccusait à demi-mots dâavoir « trahi » sa nationalité a aujourdâhui presque disparu, personne dans la presse dâinfotainment nâa jamais eu le courage de poser la vraie question : A qui la faute ? La simple reconnaissance de la double nationalité pour les couples mixtes aurait résolu le problème (et beaucoup dâautres !) de savoir si Anggun était toujours indonésienne ou pas. Et sâil est vrai que cette « trahison » dâAnggun a été largement contrebalancée par sa réussite « go international », qui ne laisse pas de subjuguer tous ses ex-compatriotes, il faut bien reconnaître quâils sont plus au courant aujourdâhui de ses problèmes de shampoing que de ses dernières chansons. Pour preuve, ce micro-trottoir VIP à la sortie de son dernier concert à Jakarta. Pas une des célébrités interviewées nâa manqué de fredonner « Tua Tua Keladi », son plus grand succès indonésien dâavant lâexil volontaire en France. Un moyen de se réapproprier la belle ?
La candidature dâAnggun pour la France à lâEurovision nâa encore trouvé aucun écho ici, silence radio comme on peut sâen douter. De cette relation ambiguë entre Anggun et son pays dâorigine, faite de fascination et de ressentiment, qui renvoie les esprits bornés du nationalisme dans leur impasse, nous pouvons nous réjouir au moins dâune chose : si vous ne voulez pas la partager, tant pis pour vous, Anggun, nous, nous lâaurons pour nous tout seuls !




Your comments
- On 1 January 2012, by Emjay
Article bourré d’erreurs factuelles ahurissantes. Son album "Elevation" (2004) a été certifié 8xPlatine en Indonésie et a généré 3 gros tubes dont "Crazy" qui est devenu un "gold" pour Anggun encore joué en radio en récurrent. Et "Echoes" (2011) déjà 4xPlatine. Le premier single extrait de se nouvel opus "Hanyalah Cinta" (version française de "Mon Meilleur Amour") a été classé #1 de l’airplay en Indonésie (septembre dernier). Et si Anggun est si diffusée dans des spots TVs pour une marque de shampoing c’est justement parce que son succès et sa popularité sont au firmament. Bref du journalisme du dimanche...
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- On 1 January 2012, by Emjay
5 tubes classés dans le Top 10 airplay en Indonésie et depuis 2004 2 albums qui ont été les meilleures ventes d’une artiste internationale... C’est frai qu’elle est très absente Anggun... Bref, n’importe quoi cet article
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- On 2 January 2012, by yao
mon dieu?! mais quesque cest que cette article de merde qui frole le racissme ??!!
je trouve cette article completement degeulasse envers anggun, quesque cest que cette archarnement? on dirai un proces!
si elle est si detesté en indonesie pourquoi sont concert a ete sold out? et que sont album rencontre un tel succes???
critiqué son depart pour la france? au moin elle a eu l ambition de partir pour tanter quelque chose de nouveau!
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