La Gazette de Bali - Dernière éditionAvril 2012
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La Gazette de Bali est un journal mensuel de 40 pages, imprimé à Bali et distribué à travers toute l’Indonésie. Seul média francophone en Indonésie, la Gazette de Bali propose un contenu généraliste pour mieux décrypter les cultures indonésiennes et l’actualité de ce vaste pays, grand comme l’Europe. Quelques pages pratiques sur Bali sont plus spécifiquement dédiées aux touristes sur Bali, aux résidents et aux candidats à l’expatriation.

Et si la hausse du prix de l’essence était évitable

Les indonésiens sont les gens les plus heureux du monde

A Surabaya, le zoo de la honte

La technologie Hoverwing pour l’archipel indonésien

Les hollandais de Batavia vus par un Français

Pas de mortel combat avec le scorpion de Bali

Savez-vous planter les coraux ?

Les ogoh ogoh sont de sortie à l’école française

Rencontre avec le grand chef Ramadjuna Matabiru

Média et culture

par Eric Buvelot | Edition de avril 2012

A Surabaya, le zoo de la honte

A Surabaya, le zoo de la honte - La Gazette de Bali

Le sort des animaux indonésiens n’est pas aussi joyeux que celui des humains. Et nous ne parlons pas ici des espèces menacées de disparition que l’on trouve dans la nature mais de celles qui sont directement placées sous la responsabilité des hommes, celles qui sont dans un zoo, pour notre plaisir et notre curiosité. Le zoo de Surabaya, construit par les Hollandais au début du 20ème siècle et qui fut pendant longtemps le plus grand établissement de ce genre en Asie du Sud-est, avait déjà fait la une des journaux du monde entier il y a deux ans pour son taux de mortalité alarmant, 25 par mois pour 4000 pensionnaires au total. Le sort des animaux de Surabaya a refait récemment surface dans la presse mondiale à cause de la mort d’une girafe. Lors de l’autopsie, les vétérinaires ont trouvé une boule de plastique de près de 20 kg saturant l’estomac de Kliwon. Pendant des années, la pauvre bête n’a mangé que ce qu’elle pouvait trouver, pour l’essentiel ce que les visiteurs voulaient bien lui jeter dans son enclos, emballages et détritus compris… Si l’on en croit les conclusions d’un rapport diligenté par le gouvernement qui s’était inquiété de la situation il y a deux ans, les morts à répétition du sinistre zoo de Surabaya seraient la conséquence d’un manque général de moyens, d’un problème de surpopulation, de la vétusté des locaux et d’un personnel négligent. On note, non sans une certaine ironie, que le responsable national des zoos indonésiens n’est autre que le célèbre chasseur de safari Rahmat Shah qui, à Medan, expose ses trophées empaillés ramenés des quatre coins du monde dans un musée dédié à sa gloire. « Aucun des zoos indonésiens n’est en bon état, reconnaît d’ailleurs ce dernier pour Associated Press, mais celui de Surabaya tout particulièrement à cause d’une querelle interne. » Le gouvernement a fini par nommer un nouveau responsable pour tenter de redresser la situation, l’expérimenté Tony Sumampouw qui, après de louables efforts, a réussi à ramener le taux de mortalité à 15 bêtes par mois.

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Un problème crucial serait la surpopulation. La contraception coûte cher et les locaux ne permettent pas de séparer mâles et femelles. 180 pélicans sont entassés dans « une cage grande comme un terrain de volley », explique-t-il. 16 tigres sont cantonnés dans des cellules alignées comme dans un corridor pénitentiaire et les fauves doivent se dégourdir les pattes à tour de rôle. Certains, qui ne sortent jamais, comme un tigre blanc donné il y a 20 ans par le gouvernement indien et qui est atteint de lésions cutanées, n’ont même plus la force de se tenir debout à cause du manque d’exercice. Avant l’arrivée de Tony Sumampouw, les deux précédents directeurs de l’établissement ont été renvoyés, mais ils ont gardé leurs partisans parmi le personnel, ce qui expliquerait la querelle actuelle, affirme-t-on dans la presse. Récente victime de cette dispute entre les deux factions du personnel, un phacochère de Java, dans l’estomac duquel on a retrouvé du cyanure. « Un camp essaye constamment de discréditer l’autre », affirme Ludvie Achmad, responsable de la conservation. Querelle d’intérêt sur le partage du butin potentiel que représente ce cheptel ? Le personnel serait-il tenté de « se payer sur la bête » ? C’est en tout cas la question que l’on peut se poser lorsqu’on sait que, conformément à certains témoignages, la viande des fauves est revendue régulièrement au marché du coin et que, l’an dernier, de fortes suspicions ont été dirigées à l’encontre du personnel soignant lors de la disparition de trois varans de Komodo. Espèce menacée et protégée, ce reptile symbole du pays vaut de l’or au marché noir. En attendant et dans l’indifférence du pays, un petit groupe d’activistes a manifesté pour l’interdiction du plastique dans les zoo.

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